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Saint Thomas D'Aquin a dit

Publié le par Silion Keila

► La femme est un être occasionnel et accidentel . 

► Beaucoup de biens ne se produiraient pas s'il n'y avait pas de mal dans les êtres .

► Je ne m'attache pas obstinément à mon propre sens . 

► La nature de l'homme veut qu'il soit un animal social et politique , vivant en collectivité . 

► Il est plus beau d'éclairer que de briller seulement . 

Note : Bon point de vue à tous ! 

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Alien nation et Limon pression - Keila Silion

Publié le par Silion Keila

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Jouet fragile - Keila Silion

Publié le par Silion Keila

 

 

 

Une navette atterrit sur Oros, une semblable parmi des milliers. Tous les arrivants contribuaient activement au bonheur des innombrables marchands, revendeurs et grossistes qui occupaient la moindre parcelle d’espace de cette petite étoile artificielle. Il y avait toujours quelque chose d’exaltant dissimulé derrière les devantures aux couleurs psychédéliques de ces intrigants établissements.

La décélération du véhicule fut brutale. Les fenêtres de la nef spatiale devinrent subitement transparentes et s’ouvrirent sur la nébulosité. Puis s’ensuivit un désordre de lumières, des afflux de lignes, des deltas scintillants et mordorés qui défilèrent à une vitesse supraluminique avant d’être remplacés par une cyclopéenne aire de réception lactescente et aseptisée. La navette ralentit doucement et les accès s’ouvrirent instantanément.

— Homur ! Attends-moi !

Mais le petit alphadien ne semblait pas décider à ralentir la cadence. Il ignorait volontairement les appels télépathiques de son père. C’était son deuxième anniversaire de l’année et il était fermement décidé à dénicher son cadeau idéal. Le dernier en date n’avait pas été à la hauteur de ses espérances. Homur s’était détourné de sa panoplie du parfait androïde en un temps- record. Les rêves avaient le don de le lasser parfois, souvent cela en était presque décevant mais à présent ; il avait une idée bien précise de ce qu’il désirait. Il convoitait une chose qui faisait fureur en ce moment : un hominidé. Il savait qu’il en existait plusieurs types grâce aux réclames qui passaient en boucle sur les ondes intersidérales mais sa connaissance sur ce nouvel article importé par la société Stellar I s’arrêtait là.

Tout en rattrapant son fils, Alphor observait son fils avec un certain amusement. Il était rassuré sur son choix définitif. Á chaque atterrissage sur Oros, il s’était posé la même question un nombre incalculable de fois : Combien de fois devront-ils emprunter les portails de téléportations ? Si l’Oracle était avec eux, trois ou quatre passages seraient amplement suffisants. Alphor n’avait jamais aimé se dématérialiser, une peur enfantine qui n’avait jamais dévoilé à son fils ni à sa compagne. L’échec cuisant de la panoplie était encore bien trop vif dans sa mémoire et la trentaine de passages dans les portails aussi …

— Je l’ai trouvé papa ! s’exclama victorieusement Homur devant une arcade lumineuse. 

Au même moment, le jeune alphadien fut attiré par un marchand, un titan probablement originaire de la planète Vega dont l’entassement d’hominidés faisait son étal. Bien qu’il n’en ait vu qu’au travers des différents réceptacles, Homur reconnut instantanément les articles qu’il convoitait tant.

— Approchez ! Approchez ! Regardez comme ils sont beaux mes lundis et mes mardis .Un xéros les deux dimanches, croyez-moi c’est une affaire !

Une vénusienne s’arrêta et lui demanda :

— Vous avez des mercredis ? Ils sont si mignons .

— Navré, rupture de stock !

Après avoir gratifié le titan d’une moue gracieuse, elle s’évapora en dégageant une magnifique traînée bleutée. 

Intrigué par les dénominations adressées aux hominidés, Homur inspectait d’un œil avisé les produits. Mais ces derniers semblaient en piteux état. Exposés à l’atmosphère d’Oros, ils dépérissaient promptement. La plupart d’entre eux gisaient inertes. Ils étaient empilés les uns sur les autres et dégageaient une odeur bizarroïde. Alphor jugea bon d’emmener son fils loin de ce spectacle navrant et sans entrain mais vélocement le dirigea vers le portail approprié.  

Une fraction de seconde plus tard, et après une rapide inspection de leurs personnes, ils pénétrèrent dans l’échoppe. Á l’intérieur, ils se sentirent un peu désorientés. La salle paraissait immense, bien plus spacieuse que ne le laissait présumer le modeste devant. L’éclairage était très doux élaguant une impression de sérénité. Homur se sentait bien ici et en adressant un furtif coup d’œil à son père et au sourire béat qui illuminait son visage, il savait que lui aussi ressentait cette sensation intense de paix. Ce magasin diffusait des vapeurs de bonheur grâce à des néons logés dans le plafond. Homur aurait voulu que ce moment  dure toujours. Ce procédé n’avait rien de nocif ni pour la santé ni pour les porte-monnaie. Car le but n’était pas de pousser les visiteurs à dépenser leurs xéros mais de se relaxer après un long voyage dans l’espace. C’était une attention charmante qui ravissait la majorité des clients.

Les comptoirs flamboyaient modiquement afin de mettre en valeur les articles exposés. Une jeune femme surgit du néant. Elle était élancée, d’une gracilité irréelle, très exsangue ; elle portait une robe sombre en velours avec un drôle de coiffe crânement mise sur le côté droit de sa tête.

— Bonjour, je me nomme Eyec, que puis-je faire pour vous ?

Alphor afficha un large sourire.

— Bonjour Eyec, vous avez un très joli établissement.

— Merci. Nous venons de nous installer sur Oros mais nous avons déjà plusieurs franchises sur Cassius, Astry et d’autres mondes.

Elle réitéra sa question en fixant de ses deux fentes noires Humor qui était en extase devant une boîte en apparence vide en plexiglas.

— C’est une machine à créer des mondes, jeune alphadien, dit-elle tranquillement.

— Une machine à quoi ?

Elle le regarda à travers la vitre en plexiglas et leva son index. Simultanément Humor leva la tête et observa d’un air amusé ce morceau de chair se balancer comme un ver. Elle le fit retomber brutalement sur un petit bouton bleu. Au centre une étincelle jaillit.

— Waaouh, super !s’écria Humor. Tu as vu papa ?

Alphor opina de la tête.

— C’est l’effet big bang, dit Eyec. C’est fou ce que l’on peut faire avec une pile d’uranium.

— Nous cherchons un article précis Eyec.

— Si je peux vous satisfaire …

— Vous avez des hominidés ? demanda Humor.

— Bien sûr, mais nous n’utilisons jamais le terme article.

— Pourquoi ? s’exclama Humor.

— C’est une forme de vie, suivez-moi je vous prie.

Ils zigzaguèrent un moment entre les comptoirs aux reflets irisés. Le sol était tapissé de brume et illuminé par des étoiles artificielles vibrantes à chaque contact. Soudain, la rivière de  brume s’estompa et ils se retrouvèrent dans une autre partie du magasin.

Eyec leur demanda d’approcher. Dans une immense boîte, de petits édifices séparés par des clôtures et des jardins se dressaient. Eyec vérifia la température de l’humarium et parut satisfaite.

 — Je ne vois rien, s’esclaffa Humor déçu.

 — Patience jeune alphadien, répondit Eyec qui était habituée à l’impatience de ces jeunes clients.

Au bout de quelques minutes, un hominidé de type lundi jaillit d’un des édifices en faisant claquer la porte et fit des bonds dans le jardin en lançant une tonne de jurons.

— Mais que lui arrive-t-il, demanda Alphor.

— Voyez-vous, commença Eyec, il y a plusieurs types d’hominidés. Nous avons pu constater qu’ils évoluaient selon un type d’humeur bien précis qui remonterait à leur origine. Ainsi le lundi est un hominidé peu enclin à la fête un tantinet grincheux et de manière générale toujours pressé. Le mardi est moins impulsif et de nature rêveuse. Le mercredi est de petite taille, très rieur, toujours prêt à faire des bêtises. Mais je ne le recommande pas à un enfant.

—  Et pourquoi donc ?

— Leur humeur badine ne leur permet pas de s’autogérer. Il leur faut une surveillance constante. Ils sont aussi plus sensibles aux virus même si l’humarium est adapté à leur anatomie. 

— Et les autres ? demanda Humor impatient.

— Le jeudi est un hominidé qui aime les activités physiques tandis que le vendredi est prédisposé à la fête. Le samedi est assez prompt à la détente et aux découvertes à ne pas confondre avec le dimanche qui est mon favori.

— Vraiment ? dit Alphor.

— Oui, vraiment. Tu veux que je t’en montre un ?

Un éclair d’excitation fusa dans les yeux mauves du petit alphadien. Eyec leur montra une autre boîte et ouvrit le toit d’un des édifices. Puis, elle leur désigna l’intérieur.

— Regardez sur le canapé.

Alphor et Humor se mirent sur la pointe de leurs trois orteils et regardèrent l’habitacle mis à nu. Un hominidé était affalé sur le canapé. Il était vêtu étrangement avec une longue robe où l’une des deux bandes en tissu pendouillait par terre devant des pantoufles. Il riait grassement devant un petit réceptacle en se grattant la tête. Humor fit la moue.

— Je ne vois pas pourquoi c’est votre préféré.

— Le dimanche est simple. C’est le type le plus révélateur selon moi de cette forme de vie. Il n’est jamais compliqué. Il est heureux avec ce qu’il possède. Quand j’ai eu une journée fatigante à la boutique, il me suffit de le regarder quelques minutes pour me sentir mieux. Le dimanche a un effet bienfaisant sur moi, je ne sais pas vraiment comment ça marche mais ça fonctionne.

— Peut-être .Je peux l’essayer et l’échanger après ?

— Bien sûr mais après une journée intense de connaissances pratiques tu ne voudras plus t’en séparer. Je les échange à une seule condition.

— Laquelle ? demanda le jeune alphadien d’un ton précautionneux.

— Que tu me les rendes en excellent état. Un manuel te sera livré avec l’humarium de toute manière. Ainsi tu n’auras aucune excuse, d’accord ?

— Mouais, c’est d’accord, dit Humor résigné.

— Il prend grand soin de ces jouets ne vous inquiétez pas, dit Alphor pour appuyer son garçon.

— Même des jouets fragiles ? interrogea Eyec.

— Oui, répliqua Alphor sans l’ombre d’une hésitation puis il ajouta en regardant l’hominidé se gratter le torse :

— Voir extrêmement fragile !

 

Note : Un petit cadeau pour souhaiter une bonne et merveilleuse année 2019 aux lecteurs , aux vagabonds , aux curieux de ce blog . Bonne lecture . 

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Odyssée

Publié le par Silion Keila

 © Pierre Pellegrini

Odyssée 

 

 

Les éclairs zébraient le ciel.

Mes pas tintaient comme des coups de tam-tam sur les planches de bois. La jetée s’élevait sur les pilotis majestueux enfoncés à même le sol. J’étais hypnotisée par le vrombissement sourd de la mer chantonnant dans le lointain. Le vent exhalait régulièrement son souffle et modelait subtilement ma chevelure auburn. Le parfum iodé m’ensorcelait. Je scrutais cette étendue bleutée privée de ces baigneurs à cette heure tardive de la journée.

Je ne vivais que pour cet instant quand les vagues prenaient leurs aises. 

Inspirées, elles frémissaient à la surface de l’eau.

Artistes, leurs mousses blanchâtres tapissaient la plage.

En bas, le sable se laissait choyer par les ondes marines.

Devant une telle dévotion, je ressentais un inextricable vague à l’âme.

Mais pas de ceux qui vous fichent le bourdon.

 

Non. Étrangement, j’exprimais un sourire …de gratitude.

 

 © 2018 .Keila Silion .

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Printemps des poètes 2019 - La beauté ► Deadline 25 février 2019

Publié le par Silion Keila

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;-)

Publié le par Silion Keila

;-)
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Être ou ne pas être

Publié le par Silion Keila

► Chad Knight

► Chad Knight

Affalée sur mon lit , je regarde la pilule rouge qui roule entre mon pouce et mon index . Ce truc m'a coûté une blinde au marché noir , 6200 battements de coeur pour être précise ! Á présent , j'hésite . Si ça se trouve on m'a refilé un psychotrope de mauvaise qualité . Je me réveillerai peut-être en ayant fait un trip immonde . Non , ça c'est impossible . Tous les jours sont mauvais . N'empêche que j'ai entendu pas mal de choses sur l'engendrement comme quoi avant la chute il existait des masculins . Je croque le comprimé en regardant la boîte vide de bébé instantané .

Publié dans Texte court

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Á table

Publié le par Silion Keila

Á table

Tête en bas et les mains liées dans le dos , je ne risque pas de m'évader . Ils ont peur de quoi , franchement ? J'ai donné vingt années de bons et loyaux services à ce monde merdique . On m'a brûlé les yeux . Une délicate attention qui ne sert à rien . Car cela ne m'empêche pas de sentir l'odeur de chair grillée qui se répand comme une traînée de poudre dans l'usine . Ça pue la peau cramée et le sang . Le bruit des machines couvre à peine le son des os que l'on broie . Je vais finir dans un mixer géant ! Après tout , je ne me plains pas . Moi aussi , j'ai profité des autres .

Publié dans Texte court

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Dernière chance

Publié le par Silion Keila

Dernière chance

Bonjour , je me nomme Marie , je suis blonde et je suis atteinte d'une déficience partielle de la mémoire . J'écris cette annonce car depuis l'été dernier , je cherche incurablement mon coeur . J'ai très peu de notes mais je sais que la disparition s'est déroulée le 15 juillet 2014 en pleine journée après un baiser échangé avec un inconnu sur une plage en Normandie . Le pickpocket mesure 1 mètres 80 et a environ la trentaine . Il a les cheveux roux et des yeux verts . Si quelqu'un a des informations correspondant à ce signalement , n'hésitez pas à me contacter via le journal .

Publié dans Texte court

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Revue Janvier 2019 - L'artiste

Publié le par Silion Keila

Revue Janvier 2019 - L'artiste
Revue Janvier 2019 - L'artiste
Revue Janvier 2019 - L'artiste
Revue Janvier 2019 - L'artiste
Revue Janvier 2019 - L'artiste

Au fil du temps, si le visage d’Ingrid Bergman demeurait resplendissant celui d’Humphrey Bogart faisait grise mine. Je m’abstins d’attirer l’attention et m’installai devant la table qui tenait par l’opération du Saint-Esprit. Ma main serpenta au milieu des assiettes recouvertes de spores suspectes et attrapa le journal du matin.

Le nom au titre évocateur en haut de la première page me fit sourire : L’ÉCORCHEUR, toujours introuvable.

Le gratte-papier, dont le style m’était devenu coutumier au fil des semaines, n’avait rien de neuf a annoncé sous le soleil. C’était toujours la même tambouille qu’il servait aux lecteurs. Il débitait des foutaises à tire-larigot. Non, je n’avais jamais écorché d’animaux dans ma tendre enfance, et non, je m’entendais (jusqu’à une certaine époque) très bien avec ma maman chérie.

C’était de l’art, du jus de créativité à l’état pur. J’étais un avant-gardiste. Je dépassais mes limites. La société, aussi, ne se gênait pas si j’en jugeais par les nouvelles de ce satané torchon. Le crime était peut-être de ne pas s’en rendre compte ? Évidemment, des vies étaient sacrifiées. On ne faisait pas de sculptures sans écorcher quelques peaux.     

Écorcheur ! Mais où allaient-ils chercher des trucs pareils. Le journal termina en une boule de papier froissé près d’un radiateur qui ne voulait pas rendre l’âme. La chaleur me rendait dingue. Je me levai péniblement. Devant moi, la porte se dressait avec une insolence implacable. Je fixais la petite ouverture semblable à un œil cyclopéen. J’avais la sensation que le trou de serrure me chuchotait : Tu n’oseras jamais m’ouvrir ! Tu vas pourrir ici comme les détritus qui jonchent le sol ! Trois pas plus tard, je franchissais la porte et accédais au couloir totalement désert. Je me heurtais à une grande porte en fer forgé avec un verrou dont le ressort en forme de -M- me faisait penser au style gothique. Je tentais de l’ouvrir comme la fenêtre mais la scoumoune me poursuivait. Cette saloperie me résistait. Á court d’inspiration, je me mis à hurler de toutes mes forces en frappant du poing contre la paroi métallique.

Meegeren ! Ouvrez !

Mon oreille plaquée contre la porte, j’étais à l’affût du moindre bruit. Promptement, j’entendis des pas, un cliquetis métallique, puis une clé tourna dans la serrure. Je reculais pour ne pas me prendre la porte en pleine tronche.

 C’est quoi tout ce tohu-bohu maugréa Meegeren, une cigarette coincée entre les lèvres.

Râblé et de grande taille, il était vêtu d’un vieux jean Levis et d’une chemise camaro qui avait dû être noire.

Il me fusillait du regard.

Eh, ben, t’accouches ou quoi ?

Il fait une chaleur à crever dans mon meublé.

Un meublé ? dit Meegeren en ricanant. C’est juste un taudis !

—  Peu importe. C’est insoutenable !

Le chauffage est collectif. Je n’ai pas envie de me coltiner les jérémiades des autres locataires, tu piges ?

J’avais une envie irrésistible de serrer mes mains autour de son cou et de le laisser croupir là, sans même récupérer sa peau. Il ne méritait pas de figurer à mon palmarès. Il ne me parlerait pas comme cela s’il savait qui j’étais. Non, sûrement pas. Son dédain aurait cédé la place à une terreur sans précédent. J’hésitais. Cela aurait été si facile. Trop, et ce n’était pas digne d’un artiste tel que moi. Le sourire grossier de Meegeren s’était fait la malle. Cette grande face de crabe avait dû prendre conscience que quelque chose n’allait pas.

Qu’est-ce que vous avez à me mater comme ça ? Si vous n’êtes pas heureux vous pouvez chercher un autre meublé ! dit-il en s’écartant de la porte.

En un tour de main, son existence ne serait plus qu’un vague souvenir. Je m’avançais menaçant mais à la dernière seconde, je renonçais. Faucher le proprio n’était pas la meilleure idée que j’avais eu. Si j’expédiais Meegeren dans l’autre monde, les condés rappliqueraient dare-dare.

En attendant, ouvrez la fenêtre !

Je ne supportais plus son timbre de voix, ses mimiques, son air supérieur. Je devais suivre mon instinct. L’inspiration renaissait en moi, j’étais dans un état mystique. Et, tant pis, si les flics venaient fouiner ici. De toute manière, ils cherchaient un louftingue, un gars avec des pulsions sans domicile fixe. Ils questionneraient les locataires pour le principe.

Hélas, Meegeren s’était volatilisé. J’étais furieux. Avant de remonter, j’inspectais les environs quand je sentis un coup derrière mon crâne. Un voile sombre obscurcit ma vision et je m’étalai de tout mon poids sur les poubelles.

Á mon réveil, j’étais ligoté sur une sorte de banc comme un saucisson avec un bâillon puant bien calé au fond de ma gorge.

Heureux de vous revoir M. Julien Tenz ou devrais-je plutôt dire l’écorcheur ? Oui, nos amis communs m’ont révélé votre véritable nature et je dois dire que je suis un peu déçu. Vos œuvres sont moyennes, un peu grossières. (Il se rapprocha de moi) Les miennes sont beaucoup plus exceptionnelles et offrent une dimension onirique sans la moindre équivalence. Malgré tout, c’est un honneur de vous compter parmi mes compositions. J’espère que vous serez clément, d’artiste à artiste, je débute dans la profession. Une dernière chose, les flics rôdent toujours mais ils ne vous entendront pas.

 

Bientôt, j’allais faire partie de quelque chose de plus grand. Quelque chose qui me dépassait. Je tentais de m’en persuader lorsque sa lame pénétra mes chairs. Oui, entre deux hurlements sourds, j’étais persuadé que j’allais devenir le joyau de sa collection.

 

                                                                        Keila Silion 

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